Le microbiote intestinal (partie 1): sur quoi agit-il?

Le microbiote intestinal est le nouveau nom de la flore intestinale. Pourquoi ce changement? Car nous cohabitons sans le savoir avec  des milliards de microorganismes vivants (bactéries, virus, champignons) logés dans notre tube digestif, en particulier dans le colon. Le microbiote est considéré comme notre 2ème cerveau, tant son bon fonctionnement est important à notre santé. De façon non exhaustive, allons voir de plus près son rôle : 

1- Une bonne santé mentale 

 

Savez vous comment agissent les anti-dépresseurs? Pour la plupart, ils augmentent la libération de neurotransmetteurs, comme la sérotonine. Celle-ci est essentielle dans la régulation de notre humeur et de notre comportement. Et ou est fabriqué cette sérotonine? à 95% dans les cellules de notre intestin ! Et oui, plus de 200 millions de neurones sont présents dans l’intestin. Il y a donc une communication permanente entre notre “2ème cerveau” et notre  système nerveux central.

Certains scientifiques poussent la réflexion plus loin, en se demandant si ça ne serait pas tout aussi efficace d’administrer un médicament anti-dépresseur qui agirait directement sur l’équilibre de notre flore…L’idée n’est pas si folle ! 

Pour aller plus loin :

Des chercheurs ont étudié la composition du microbiote intestinal de patients dépressifs chroniques. Ils ont découverts que ces patients souffraient de “dysbiose“, c’est à dire un déséquilibre de la flore intestinale, avec une proportion augmentée en certaines bactéries, et réduites pour d’autres.

Autre étude, en Californie, des chercheurs ont observé le cerveau de participants ayant ingérés des bactéries pendant un mois: Ils ont vu de nettes modifications au niveau de leur système nerveux, plus particulièrement dans la zone du traitement des sentiments et de la douleur.

De nombreuses études sont en cours, mais on peut déjà agir en ayant une alimentation qui favorise une flore en bonne santé.

 

2- Un déséquilibre peut amener à:  

 

– un problème de poids :  les personnes obèses ont une flore moins diversifiée, dite « pauvre » : elle stocke plus facilement de l’énergie (contrairement aux flores riches qui en produisent). Indirectement, cela mène à une prise de poids plus rapide.

Selon les bactéries composants votre intestin, vous êtes donc plus ou moins enclin à prendre du poids. Exemple, la souche lactobacillus acidophilus  stimulerait votre appétit (attention, certains probiotiques contiennent cette souche). A l’inverse, la souche lactobacillus gasseri ou lactobacillus rhamnosus provoquerait l’effet inverse.

Sachant ça, je vous vois déjà boulotter la boite de probiotiques ! Mais prudence, le mécanisme est encore peu connu, ni l’effet de l’apport de souches bactériennes dans notre intestin.

Par contre, on peut aider notre flore en consommant plus d’aliments pré et probiotiques (j’en reparle dans le prochain article)


– Les Maladies inflammatoires de l’intestin 
: Syndrome du côlon irritable, maladie de Crohn, sont en augmentation depuis quelques années.  Douleurs et troubles digestifs au programme, qui handicapent grandement le quotidien. On retrouve souvent une réduction de bactéries (type lactobacilles, bifidobactéries), et donc une diminution de leurs fonctions protectrices. En contrepartie on a une augmentation de bactéries « nocives » (type Entérobactéries par exemple). Le problème, c’est qu’on ne sait si c’est la dysbiose qui cause la maladie ou la maladie qui cause la dysbiose. Vous me suivez?

 

-L’allergie : L’intestin joue sur notre immunité, surtout les premières années de vie, où la flore devient mature. On observe la réduction de certaines bactéries (type lactobacilles) chez des enfants allergiques, jusque 5 ans plus tard. On a donc une réduction de la diversité du microbiote intestinale chez les allergiques.

– Les maladies neurodégénératives : l’intestin serait impliqué dans le développement de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson.

Des découvertes récentes indiquent que des malades auraient les mêmes lésions propres à Parkinson dans leur cerveau ET leur intestin. Plus récemment, une étude finlandaise a découvert que l’intestin de parkinsoniens était fortement réduit en bactéries Prevotellaceae comparé au groupe placebo…

Nous ne sommes donc encore que dans l’expérimental, et notre intestin est loin de nous avoir révélé tous ses secrets ! On découvre chaque jour un peu plus le rôle (ou plutôt les rôles !) que joue notre microbiote sur notre bonne santé. 

Cependant, ce que l’on sait déjà, c’est qu’il faut le dorloter au maximum !

Comment faire pour en prendre soin ? rendez vous au prochain article !

 

Louise ♥

 

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